Un ancien policier haïtien plaide coupable aux États-Unis dans une affaire de trafic d’armes vers Haïti
Port-au-Prince, 6 août 2026 – L’ancien membre de la Police nationale d’Haïti (PNH), Jean Robert Casimir, a reconnu sa culpabilité devant la justice américaine pour son implication dans un vaste réseau de trafic d’armes ayant alimenté Haïti pendant plusieurs années. L’affaire, annoncée par le Département d’État américain, met en lumière un système sophistiqué de contrebande qui aurait permis l’acheminement clandestin d’au moins 140 armes à feu depuis la Floride.

Jean Robert Casimir, ancien agent de la Police nationale d’Haïti
Jean Robert Casimir, 53 ans, citoyen américain naturalisé résidant à Lauderhill, en Floride, a plaidé coupable le 4 août 2026 devant un tribunal fédéral des États-Unis.
Les poursuites portent notamment sur des accusations de complot, de contrebande et de violations de la réglementation américaine en matière d’exportation de matériel sensible. Les autorités estiment qu’il a joué un rôle majeur dans un réseau ayant organisé l’expédition illégale d’armes vers Haïti entre 2020 et 2024.
Plus de 140 armes auraient été expédiées illégalement
D’après les éléments présentés par les enquêteurs, Jean Robert Casimir aurait acquis plus d’une centaine d’armes auprès de vendeurs disposant d’une licence fédérale aux États-Unis, auxquelles se seraient ajoutées plusieurs dizaines d’autres armes achetées auprès d’un particulier en Floride.
Sans obtenir les autorisations d’exportation exigées par les autorités américaines, ces armes comprenant des fusils, des pistolets et des fusils de chasse, auraient ensuite été expédiées clandestinement vers Haïti.
Un mode opératoire élaboré
Les documents judiciaires révèlent un procédé particulièrement sophistiqué destiné à contourner les contrôles douaniers.

Armes démontées dissimulées à l’intérieur de compresseurs d’air industriels
Les armes démontées étaient dissimulées à l’intérieur de compresseurs d’air industriels. Ces appareils étaient découpés, remplis des armes enveloppées dans un matériau isolant, puis soigneusement ressoudés avant d’être chargés à bord de navires quittant la région de Miami à destination d’Haïti.
Les enquêteurs estiment que cette méthode a été utilisée pendant plusieurs années afin d’alimenter clandestinement le marché haïtien.
Arrestation en 2024
Les autorités américaines rappellent que Jean Robert Casimir, ancien agent de la Police nationale d’Haïti, avait été arrêté le 16 décembre 2024 à Lauderhill, en Floride.

Jean Robert Casimir, ancien agent de la Police nationale d’Haïti après son arrestation
Il avait ensuite été officiellement inculpé le 23 janvier 2025 avant de reconnaître aujourd’hui sa responsabilité dans cette affaire.
Une enquête impliquant plusieurs agences fédérales
L’enquête a mobilisé plusieurs organismes américains spécialisés dans la lutte contre le crime organisé et le trafic international d’armes.
Parmi les institutions ayant participé aux investigations figurent notamment :
- le Federal Bureau of Investigation (FBI) ;
- le Homeland Security Investigations (HSI) ;
- le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF) ;
- le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP).
Les poursuites judiciaires sont conduites par le Département de la Justice des États-Unis avec l’appui de plusieurs procureurs fédéraux.
Une opération intégrée au Homeland Security Task Force
Selon les autorités américaines, cette procédure s’inscrit dans le cadre des activités du Homeland Security Task Force (HSTF), une initiative fédérale destinée à lutter contre les réseaux criminels transnationaux, les organisations de trafic d’armes, les gangs internationaux ainsi que les filières de traite des êtres humains.
Cette structure interministérielle vise à renforcer la coopération entre les différentes agences américaines afin d’identifier, démanteler et poursuivre les organisations criminelles opérant aussi bien sur le territoire américain qu’à l’étranger.