Haïti – Insécurité : au moins 50 morts recensés dans le nouveau massacre des gangs à Kenscoff
PORT-AU-PRINCE, 25 août 2026 – Au moins 50 personnes auraient été tuées et une vingtaine blessées lors d’une attaque menée par des groupes armés dans la commune de Kenscoff, située sur les hauteurs de Port-au-Prince, selon les constats de plusieurs journalistes dépêchés sur place.

CREDIT PHOTO : AP/ODELYN JOSEPH
Le décompte est alarmant après l’énième massacre perpétré par des gangs à Kenscoff. Jusqu’à 24 heures après les exactions, 48 corps sans vie ont été recensés par des journalistes présents sur place, des autorités locales et la société civile. L’attaque s’est déroulée dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026, alors que des membres de gangs ont investi plusieurs secteurs de Kenscoff, selon les informations disponibles, l’assaut aurait débuté vers 22 h 30. Le bilan communiqué pourrait toutefois évoluer, les autorités et les organisations de défense des droits humains poursuivant leurs vérifications.
Dans la nuit qui a suivi l’attaque, le 24 août, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montre une situation qui s’apparente à une prise d’otages, avec plusieurs membres de la population de Kenscoff retenus captifs par un individu présenté comme le bandit surnommé « Didi ». Dans cette vidéo, ce dernier aurait lancé un défi aux autorités policières, menaçant de tuer les otages si les forces de l’ordre tentaient de les libérer en représailles à des opérations visant des membres de gangs.
Située sur les hauteurs dominant la capitale haïtienne, Kenscoff est régulièrement confrontée à des incursions de groupes armés. Ces derniers mois, la commune et ses environs ont été affectés par des actes de violence, notamment des meurtres, des enlèvements, des incendies criminels et des violences sexuelles. Malgré la présence de la Police nationale d’Haïti (PNH), des Forces armées d’Haïti (FAd’H), d’acteurs militaires privés, notamment Vectus Global d’Eric Prince, ainsi que de la Force de répression des gangs (GSF), les violences continuent de se multiplier, suscitant des interrogations sur l’efficacité de la réponse des autorités centrales de l’État haïtien.
Ces violences ont également entraîné le déplacement de nombreuses familles, contraintes d’abandonner leurs habitations pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres. Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte marqué par une forte insécurité dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où les affrontements entre groupes armés continuent de provoquer des pertes en vies humaines et de nouveaux déplacements de population, à moins de 16 semaines de la tenue éventuelle des élections dans le pays.