Haïti – Insécurité : au moins cinq élèves enlevés à Bois-Verna malgré l’annonce de 10 750 policiers mobilisés

Haïti – Insécurité : au moins cinq élèves enlevés à Bois-Verna malgré l’annonce de 10 750 policiers mobilisés

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PORT-AU-PRINCE, 19 septembre 2026 — La rentrée scolaire en Haïti continue d’être rattrapée par l’insécurité. Au moins cinq élèves auraient été enlevés tôt ce vendredi 18 septembre à Bois-Verna, dans la zone comprise entre les rues Camelo et Dufort, à proximité de Lalue, alors qu’ils se rendaient à l’école, selon plusieurs médias locaux et des témoignages recueillis sur place. Trois des victimes seraient issues d’une même famille.

Selon les premières informations rapportées, des individus armés auraient intercepté les élèves avant de les contraindre à monter à bord d’un véhicule. Un autre enlèvement aurait également été signalé dans les environs de Lalue.

10 750 policiers annoncés pour sécuriser la rentrée

Cette nouvelle affaire intervient dans un contexte particulièrement embarrassant pour les autorités haïtiennes. Quelques jours avant la rentrée scolaire du 7 septembre, le gouvernement avait annoncé la mobilisation de 10 750 policiers dans le cadre d’un dispositif spécial destiné à protéger les élèves, le personnel éducatif et les établissements scolaires durant la rentrée et l’année académique.

La PNH avait également annoncé la mobilisation d’unités et de dispositifs spécifiques autour des établissements scolaires et dans les zones considérées comme sensibles. Pourtant, dès le 9 septembre, deux écolières et leur chauffeur avaient été enlevés à Delmas 75 alors qu’ils se rendaient en classe. Et le 14 septembre, à Bourdon, avec l’enlèvement du Docteur Pierre Eugène Roy, sa femme et leurs enfants sur la route de l’école.

Le rapt signalé ce vendredi à Bois-Verna vient donc renforcer les interrogations sur l’efficacité réelle du dispositif annoncé. La question n’est pas seulement de savoir combien de policiers ont été mobilisés, mais également de déterminer où ils sont déployés, quelles zones ils couvrent et dans quelle mesure leur présence permet effectivement de prévenir les enlèvements sur les trajets scolaires.

Neuf élèves concernés depuis la rentrée ?

Si les informations concernant Bois-Verna sont confirmées, le nombre d’écoliers enlevés dans la région métropolitaine depuis le début officiel des classes le 7 septembre pourrait atteindre neuf, en comptant les deux écolières enlevées à Delmas 75 deux jours après la rentrée, et les deux de la famille Roy.

Ce bilan ne comprend toutefois pas nécessairement les chauffeurs ou autres personnes qui auraient été victimes lors de ces mêmes incidents. À Delmas 75, par exemple, le chauffeur qui accompagnait les deux écolières avait également été enlevé.

La multiplication de ces incidents transforme les trajets scolaires en une source majeure d’angoisse pour les familles. Pour de nombreux parents, envoyer un enfant à l’école signifie désormais prendre en compte le risque d’enlèvement, notamment dans les quartiers où les groupes armés disposent d’une capacité d’action importante.

Des personnalités publiques également prises pour cible

La période qui entoure la rentrée scolaire a également été marquée par plusieurs enlèvements visant des personnalités connues ou des représentants d’institutions.

Le journaliste de Télé Métropole Wesly Renaud Jean a été kidnappé à Delmas 31 le 6 septembre, selon des sources rapportées par plusieurs médias. Le lendemain, la directrice générale de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), Stéphanie Paultre, l’avocat Me Caleb Jean-Baptiste et deux policiers chargés de la sécurité de la responsable ont également été enlevés dans l’Artibonite, selon des sources concordantes.

Ces affaires sont particulièrement préoccupantes dans la mesure où elles touchent non seulement des citoyens ordinaires, mais également des professionnels des médias, des responsables publics et des agents chargés précisément de la sécurité.

Une population qui attend des résultats

L’annonce de milliers de policiers mobilisés pour la rentrée avait suscité l’espoir d’une amélioration de la sécurité autour des écoles et sur les principaux axes empruntés par les élèves. Mais les enlèvements signalés depuis le 7 septembre montrent que l’annonce d’un dispositif sécuritaire ne suffit pas à rassurer les familles lorsque les résultats sur le terrain restent difficiles à constater.

La responsabilité des autorités ne se limite pas à annoncer des effectifs. Elle implique également une stratégie de renseignement, une présence opérationnelle dans les zones à risque, des patrouilles adaptées aux horaires scolaires, une capacité d’intervention rapide et une coordination efficace entre les différentes unités de la PNH.

L’enjeu est d’autant plus important que l’école constitue l’un des rares espaces permettant encore à des milliers d’enfants de poursuivre une vie relativement normale dans un pays profondément marqué par la crise sécuritaire.

L’État face à l’urgence sécuritaire

La multiplication des enlèvements depuis plusieurs mois alimente un sentiment d’insécurité et d’abandon au sein de la population. Les victimes ne sont plus seulement des personnes exposées dans des zones isolées : les ravisseurs peuvent frapper sur des axes urbains fréquentés et, désormais, sur des trajets empruntés quotidiennement par des enfants.

Face à cette situation, les autorités haïtiennes sont appelées à démontrer concrètement l’efficacité des mesures annoncées. Si les 10 750 policiers mobilisés constituent un effort important sur le papier, les familles attendent surtout de voir une diminution des enlèvements et une amélioration réelle de la sécurité dans les quartiers et sur les routes scolaires.

L’État doit également renforcer la prévention, le renseignement criminel, la protection des victimes et les enquêtes judiciaires afin que les enlèvements ne deviennent pas une pratique criminelle durablement enracinée dans le quotidien haïtien.

L’école sous la menace

À peine quelques jours après la rentrée, les enlèvements d’élèves rappellent brutalement que la crise sécuritaire ne touche pas uniquement l’économie, les transports ou les activités politiques. Elle atteint directement les enfants et menace le droit à l’éducation.

À Bois-Verna, comme à Delmas et dans d’autres zones de la région métropolitaine, les parents veulent pouvoir envoyer leurs enfants à l’école sans craindre qu’ils soient interceptés sur le chemin. La réponse à cette inquiétude ne peut pas reposer uniquement sur des annonces : elle devra être mesurable sur le terrain.

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