Haïti – Insécurité : la directrice de l’ONAPE, Stéphanie Paultre, et trois autres personnes, dont Me Caleb Jean Baptiste, enlevées à Gros-Morne
Port-au-Prince, 8 septembre 2026 — La dégradation de la situation sécuritaire se poursuit en Haïti. La directrice de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), organisme autonome placé sous la tutelle du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) Stéphanie Paultre, son proche militant Me Caleb Jean Baptiste ainsi que deux policiers affectés à la sécurité de la responsable auraient été enlevés à Gros-Morne, selon les informations disponibles.

La directrice de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), Stéphanie Paultre, et son proche militant Me Caleb Jean Baptiste
Cet enlèvement collectif intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des actes de kidnapping dans plusieurs régions du pays à moins de deux mois de possibles élections. Le fait que deux policiers chargés de la protection de la directrice figureraient eux-mêmes parmi les personnes enlevées soulève de nouvelles interrogations sur la capacité des forces de sécurité à protéger les citoyens et les responsables publics face aux groupes armés.
Cette nouvelle affaire constitue également un signal préoccupant pour les institutions publiques et leurs employés. L’enlèvement d’une responsable d’un membre du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, accompagné de celui de son proche et de deux agents de sécurité, illustre une nouvelle fois la vulnérabilité de certaines zones du territoire face à l’insécurité. Le gouvernement Fils-Aimé, ainsi que le commandement de la Police nationale d’Haïti (PNH), dirigé par André Jonas Vladimir Paraison, sont de nouveau critiqués pour leur incapacité, jusqu’à présent, à mettre en place une stratégie suffisamment efficace pour enrayer durablement le phénomène du kidnapping et la progression des groupes armés dans le pays.
Pour l’heure, les circonstances exactes de l’enlèvement de Stéphanie Paultre, de Me Caleb Jean Baptiste et des deux policiers, ainsi que l’identité des ravisseurs dont les informations qui circulent, attribuent le rapt au groupe armé « kokorat san ras » et leurs éventuelles revendications, restent à préciser. Aucune information supplémentaire permettant d’établir les conditions de leur libération n’a été communiquée.

Le journaliste de Radio Télé Métropole, Wesly Renaud Jean enlevé à Delmas 31
Il s’agit par ailleurs d’un troisième cas de kidnapping confirmé en moins de vingt-quatre heures, après l’enlèvement dimanche soir du journaliste de Radio Télé Métropole, Wesly Renaud Jean, à Delmas 31. La succession de ces incidents relance les inquiétudes quant à l’ampleur du phénomène et à la capacité des autorités à enrayer la progression des enlèvements.
La multiplication des cas de kidnapping, qui touchent aussi bien des citoyens que des journalistes, des responsables publics et même des membres des forces de sécurité, place une nouvelle fois la question de la sécurité au cœur des préoccupations nationales. Pour l’heure, aucune réponse publique à la hauteur de la gravité de la situation n’a toutefois été apportée par les autorités nationales.