États-Unis : l’administration Trump intensifie les expulsions vers Haïti malgré une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent
L’administration du président Donald Trump a commencé à intensifier les expulsions de ressortissants haïtiens vers leur pays d’origine, quelques jours avant la fin du Statut de protection temporaire (TPS) accordé à plus de 300 000 Haïtiens vivant aux États-Unis. Le jeudi 16 juillet 2026, un premier vol charter du service américain de l’immigration et des douanes (ICE) a atterri à Cap-Haïtien avec plus d’une centaine de personnes expulsées à son bord.

Avion d’expulsion du service américain de l’immigration et des douanes au Cap-Haïtien ce jeudi 16 juillet 2026.
Crédit Photo : Gérard Maxineau/Miami Herald
Selon les informations rapportées par le Miami Herald, les autorités américaines ont également informé le gouvernement haïtien qu’à compter du 24 juillet, date de l’expiration du TPS, deux vols d’expulsion par semaine, transportant environ 200 personnes chacun, devraient être organisés.
Une décision qui suscite de vives inquiétudes
Cette annonce intervient alors qu’Haïti traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Le pays est confronté à une crise sécuritaire majeure, marquée par la violence des gangs armés, une crise humanitaire persistante et un déplacement massif de populations.
Le même jour que l’arrivée du vol d’expulsion, les Nations Unies ont confirmé qu’une attaque armée dans les hauteurs de Kenscoff avait fait au moins 61 morts, dont 14 enfants, illustrant la gravité de la situation sur le terrain.
Pour plusieurs organisations de défense des droits humains, cette politique d’expulsion est particulièrement préoccupante. Human Rights First estime que renvoyer des personnes vers un pays en proie à une telle instabilité revient à exposer délibérément leur vie à de graves dangers.
Une crise humanitaire déjà critique
D’après les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1,47 million de personnes étaient déplacées à l’intérieur du pays en juin 2026, un chiffre jamais atteint auparavant.
Parallèlement, plus de la moitié de la population haïtienne est confrontée à une insécurité alimentaire, tandis que plusieurs infrastructures essentielles – hôpitaux, écoles, commissariats et routes – ont été détruites ou sont sous le contrôle de groupes armés.
À Cap-Haïtien, où arrivent désormais les vols d’expulsion en raison des restrictions sur les vols commerciaux vers Port-au-Prince, les autorités locales doivent déjà faire face à une forte pression démographique liée à l’arrivée de personnes déplacées venant d’autres régions du pays.
Plusieurs expulsés ont un passé judiciaire
Selon les autorités américaines, plusieurs passagers du vol du 16 juillet présentaient des antécédents criminels, notamment des condamnations pour trafic de drogue, des délinquants sexuels enregistrés et une personne identifiée comme membre d’un gang.
Toutefois, les autorités haïtiennes indiquent ne pas avoir reçu suffisamment d’informations pour vérifier si certaines des personnes expulsées bénéficiaient encore du TPS au moment de leur renvoi.
Source : Miami Herald (Jacqueline Charles et Syra Oriz Blanes).